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CONFÉRENCE Mourir au travail ? Plutôt crever !

mercredi 23 mai 2018, par REGAIN

Mourir au travail ? Plutôt crever !

Ce qu’est le travail et ce qu’il pourrait être
Une conférence de Didier Harpagès

SAMEDI 2 JUIN à 15 H

GUILLIGOMARC’H ancienne mairie 15 h

Préface de Serge Latouche
Combien de temps encore accepterons-nous d’être les soldats dociles et flexibles de l’armée de réserve de travailleurs dont « l’économie » a besoin pour « maintenir le cap de la croissance » ? À l’heure où la protection sociale est ouvertement dénoncée comme une entrave à la bonne marche de cette économie, ce livre rappelle que la souffrance au travail, aujourd’hui générale, est le résultat d’une rupture historique et d’un processus implacable d’expropriation des travailleurs. Le spectre du chômage suffit désormais à faire accepter à des individus dépossédés de toute maîtrise sur le sens et la finalité de leurs activités productives la brutalité du grand bond en arrière social exigé par la mondialisation néolibérale. Il est donc indispensable d’explorer d’autres pistes et de comprendre que le travail pourrait être à nouveau un facteur d’émancipation.

Didier Harpagès livre ici un panorama concis, clair et solidement documenté de la critique du travail et de ce qu’il fait à l’humain dans les sociétés dominées par le productivisme. Il revient sur des notions clés telles que le besoin, la rareté, la valeur ou la fragmentation du travail, tout en rappelant à travers quelques exemples que ce dernier n’a pas toujours ni partout été synonyme d’exploitation. Il propose alors d’explorer quelques pistes pour repenser une question plus vivace que jamais dans nos sociétés : la définition commune des besoins, celle de la notion de richesse, le partage du travail, la construction de l’autonomie politique, la prise en compte des urgences sociales et écologiques… Renversant la perspective sur la question du « que produire ? », il invite à cesser d’envisager le monde comme un stock de ressources (humaines, biologiques, minérales) indéfiniment exploitables et à reconstruire l’idée d’un travail créatif, attrayant, maîtrisé, réduit dans le temps, partagé, et avant tout, désaliéné.

 [1]


[1Revue de presse
Manière de voir
décembre 2017
Un état des lieux de la sphère de l’emploi dans les sociétés fondées sur le productivisme et une réflexion sur les moyens de faire du travail un « facteur d’émancipation ».
L’Écologiste
janvier-mars 2018
Didier Harpagès, professeur d’économie, nous livre ses réflexions sur le sens et la valeur du travail en Occident. Un ouvrage de synthèse pédagogique sur la critique du travail (Karl Marx, William Morris…), préfacé par Serge Latouche.
S !lence
avril 2018
Préfacé par Serge Latouche, ce livre aborde la question de la place du travail dans le cadre d’une société de décroissance. Didier Harpagès dénonce la nécessité de toujours produire plus, quitte à rendre malades ceux et celles qui travaillent et à laisser pour compte de plus en plus de monde. L’auteur montre comment le discours "économique" fait l’impasse sur les questions sociales (avec une régression de la protection sociale) et écologiques (en oubliant que les ressources sont limitées). L’auteur avance des pistes : le but à atteindre est que l’on travaille avec plaisir et non dans l’abrutissement des machines, que ce soit à la chaîne ou derrière un ordinateur. Le passage en coopérative est souhaitable, mais pas suffisant. Il faut également un engagement politique au niveau local (municipalisme libertaire de Murray Bookchin) pour favoriser les décisions de production et définir un bien-être maximum. Stimulant.
Kairos
mars 2018
Didier Harpagès envisage le travail selon un projet radical de décroissance. Au fil du temps et de l’ouvrage s’élèvent les voix de Marx, Kropotkine, Bookchin, Gorz ou Arendt, aux côtés d’exemples historiques moins connus mais symptomatiques. Au passage, quelques idées reçues bien ancrées dans l’imaginaire « moderne » volent en éclat : la rareté est naturelle, d’où le besoin d’exploiter la nature ? La croissance crée des emplois ? La richesse finira par ruisseler le long de la pyramide ? Laissez-nous rire ! Le constat est sans appel : « Le travail fragmenté et spécialisé est un déchet non recyclable du capitalisme industriel ». Il faut donc viser autre chose et viser mieux : le travail doit être « créatif, attrayant, maîtrisé, réduit dans le temps et partagé, bref, il doit être désaliéné ». Bien dit ! Mais concrètement on fait comment ? En agissant à différents niveaux : réduction (individuelle) du temps de travail ; redéfinition (collective) des besoins ; réinvestissement (politique) de structures relocalisées. En même temps, il s’agit de retrouver un lien entre la main et le cerveau, de mener des actions collectives dans des syndicats métamorphosés, de repenser l’éducation à la critique et à l’autonomie. En gardant bien en vue les questions essentielles (« que produire, comment, quand, où et pour qui »), nous nous dirigeons ainsi vers une « société de décroissance ouverte, inventive, solidaire, bienveillante, stimulante pour le corps et l’esprit et accueillante à une vision du travail héritée de l’artisanat et plus largement de l’expression artistique ». Ça ne vous fait pas envie ?

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