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Journée mondiale de la vie sauvage

lundi 7 mars 2022, par Jeanne HILLION

Journée mondiale de la vie sauvage : lutter contre la déforestation, un enjeu majeur

Chaque année, la Journée mondiale de la vie sauvage célèbre la faune et la flore sauvages et met en lumière l’importance de sa conservation pour les populations.

Le thème de cette édition 2021, Forêts et moyens d’existence : préserver la planète et ses habitants, invite à découvrir l’importance des forêts et des services qu’elles procurent à l’humanité.

Pour préserver la vie sauvage, la France est notamment engagée dans la lutte contre la déforestation importée. D’ici à 2030, le pays s’engage à mettre fin à la déforestation causée par ses importations.

Les forêts recèlent des richesses incomparables en matière de biodiversité, en abritant 75 % de la biodiversité mondiale. Elles rendent aussi à l’humanité des services inestimables : en séquestrant le carbone, elles jouent un rôle primordial dans la lutte contre le changement climatique, elles atténuent les événements climatiques extrêmes, filtrent l’eau et offrent une protection contre les inondations. Elles sont aussi le lieu de vie de communautés autochtones et fournissent un revenu à plus de 1,6 milliard de personnes.

Lutter contre la déforestation est un enjeu mondial pour préserver la vie sauvage. Entre 1990 et 2015, ce sont 129 millions d’hectares de forêt qui ont été détruits dans le monde, soit l’équivalent de 14 terrains de football chaque minute. La déforestation touche particulièrement les régions tropicales humides où sont cultivées la plupart des denrées susceptibles d’être exportées vers l’Union européenne (UE).

Le jeudi 3 mars a eu lieu la Journée mondiale de la vie sauvage, pour célébrer les nombreuses formes de la faune et de la flore sauvage, sensibiliser la population à l’importance de sa conservation et lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Mathilde Maïsano, chargée de mission « Territoires Engagés pour la Nature » à l’Office français de la biodiversité (OFB), nous parle de la nécessité à se mobiliser et à s’engager pour la protection de la vie sauvage en France.

La vie sauvage participe à nombreux ODD. Mais cette vie est sous pression ; vie sauvage et ODD, des impacts à regarder de plus près : villes et communautés durable (ODD 11), consommation et production responsable (ODD 12), lutte contre le changement climatique (ODD 13), vie aquatique (ODD 14), vie terrestre (ODD 15).
Les cinq pressions exercées sur la vie sauvage en France

Les pressions exercées sur la vie sauvage sont diverses
et ont des impacts économiques, environnementaux et sociaux. L’artificialisation des espaces a concerné plus de 75 000 hectares du territoire en France métropolitaine entre 2007 et 2015. Ce changement d’usage des espaces entraîne la perte de nombreuses espèces naturelles. Par ailleurs, les ressources naturelles sont surexploitées, qu’il s’agisse des espèces marines, des tourbières ou encore des forêts.

Le dérèglement climatique a aussi un impact très élevé sur la vie sauvage. Les événements météorologiques connaissent une fréquence et une intensité croissantes, les cycles de vie de la faune et de la flore sont décalés, le rythme des saisons déréglé. L’usage de produits phytosanitaires impacte grandement la vie des espèces sauvages. Enfin, l’’introduction d’espèces exotiques envahissantes constitue une menace pour les espèces locales. Elles désignent certains animaux ou végétaux dont l’introduction sur un territoire par l’être humain, volontaire ou fortuite, représente un danger pour les écosystèmes.

Le programme « Territoires Engagés pour la Nature (TEN) », un moyen d’agir pour les collectivités

Le programme TEN est porté par l’OFB. Il vise à faire émerger, reconnaître et valoriser des plans d’actions en faveur de la biodiversité, portés par des collectivités locales. Cet échelon est déterminant pour répondre aux enjeux et aux spécificités de chaque territoire. L’initiative s’adresse en priorité aux intercommunalités et aux communes volontaires. Elle est ouverte à toutes les collectivités infra-départementales, qu’elles soient rurales ou urbaines, métropolitaine ou ultra-marine, débutantes ou initiées en matière de biodiversité.

Une collectivité reconnue TEN bénéficie d’un accompagnement par des experts, d’un renforcement des connaissances et des compétences sur la biodiversité, d’une visibilité à l’échelle nationale et internationale, et d’un accès au « club des engagés », pour échanger collectivement. Pour obtenir la reconnaissance TEN, la collectivité formalise un plan d’actions et s’engage, sur trois ans, à réaliser des actions pour la biodiversité. Ce plan d’actions est l’objet d’une évaluation par un jury régional selon quatre critères :

1. Être impliquant, cohérent et proportionné ;
2. Être mesurable, révisable et inscrit dans une perspective d’amélioration continue ;
3. Être impactant et additionnel ;
4. Être en lien avec l’action publique pour la biodiversité.

Parmi les communes françaises engagées, prenons l’exemple de quatre qui ont mis en place des plans d’actions efficaces et innovants ! En Occitanie, la ville de Tournefeuille a trouvé une réponse aux impacts du changement climatique sur les points de chaleur, avec la création d’îlots de fraicheur via la végétalisation des cours d’écoles. Dans la même région, la commune de Castanet-Tolosan s’est emparée de la question de la pollution lumineuse, qui perturbe le cycle naturel de croissance des plantes et présente de forts impacts sur des espèces animales, en projetant de remplacer ses luminaires énergivores par des luminaires programmés pour n’éclairer qu’à certaines heures de la nuit.

Plus au Nord, la commune de St Martin d’Auxigny a déployé d’importants efforts à la renaturation d’un cours d’eau, favorisant la vie et le développement des espèces florales et fauniques locales. Enfin, la commune urbaine d’Avignon a mobilisé ses citoyens sur la question en réalisant un Atlas de la Biodiversité Communale (ABC). Cette démarche permet à une commune de connaître, de préserver et de valoriser son patrimoine naturel, à travers la réalisation d’un inventaire cartographié des habitats, de la faune et de la flore.

Une autre opportunité de s’investir dans la protection de la vie sauvage : le concours Capitale française de la biodiversité

Depuis plus de 10 ans, le concours Capitale française de la biodiversité valorise les collectivités qui agissent concrètement en faveur de la biodiversité. Le thème de l’édition 2022 porte sur le paysage ; les candidatures sont closes ; les gagnants seront annoncés en juin.

« Ce concours a des effets très positifs pour les collectivités : la reconnaissance de leurs actions en faveur de la biodiversité entraîne une prise de conscience beaucoup plus importante chez les élus, les services et les citoyens. C’est une manière efficace de pérenniser leur engagement, à travers la valorisation de leurs actions. Le concours commence à être connu du grand public et le titre de Capitale française de la biodiversité est devenu un argument attractif pour s’installer dans la commune » explique Mathilde Maïsano.
Un mot à destination des agents et élus locaux pour se mobiliser autour des questions de protection de la vie sauvage ?

Mathilde Maïsano : « Il est très important de se mobiliser, car nous sommes tous concernés, à tous les niveaux. Les élus y trouvent leur compte en rendant leurs territoires plus attractifs. Cela va aussi, et surtout, dans le sens de l’amélioration de nos cadres de vie : l’aspect sécuritaire et les questions de santé publique sont intrinsèquement liés à la protection de la biodiversité. La qualité de l’air, des eaux et des sols a une incidence sur notre santé et nos factures. Toute cela implique de revoir les choses différemment, de vivre au quotidien de manière différente. Collectivités, vous avez votre part de responsabilité et, un programme pour vous aider et vous accompagner ! »

SOURCE : https://www.agenda-2030.fr
 [1]


[1L’Agenda 2030 a fusionné l’agenda du développement et celui des Sommets de la Terre. Il est universel, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les pays, du Nord comme du Sud. À cet égard, tous les pays sont « en voie de développement durable ». Avec ses 17 Objectifs de développement durable et 169 cibles (ou sous-objectifs), il dessine une feuille de route détaillée et couvrant pratiquement toutes les questions de société.

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